Pandémie Covid-19 : Appel

Je lance un appel en ma qualité de président de la Société Algérienne de Médecine Générale (SAMG) qui est la plus importante société savante algérienne, de par le nombre de ses adhérents, et de sa représentativité au niveau de 40 wilayas du pays.

Ces médecins généralistes appartiennent au même corps et défendent la même cause qui est celle de la protection de la santé de nos concitoyens.

Cette légitimité me donne le droit de défendre le médecin généraliste sans pour autant prôner le langage syndical, en ces moments précis. On n’est pas dans une quelconque revendication salariale, ni dans une réduction d’une quelconque taxe, mais uniquement dans une logique sécuritaire liée à l’exercice de notre profession et à la protection de notre population de ce fléau qui est en train de décimer la planète.

Nous n’avons pas le droit de faire marche arrière, de fuir nos responsabilités, nous n’avons pas le droit d’être en dehors des structures qui sont notre milieu naturel afin de porter assistance à une population angoissée, stressée voire menacée dans son quotidien.
Nous rappelons à qui le veut entendre que le secteur sanitaire est une entité géographique obéissant à un découpage sanitaire qui regroupe toutes les structures de santé dans un périmètre donné, lesquelles structures sont rattachées par une hiérarchisation de soins à travers laquelle se dessine le parcours du malade.
Ce parcours, en toute logique passe inéluctablement, ou du moins devrait l’être, à travers une première consultation chez le médecin généraliste quel que soit son mode d’exercice (structure publique parapublique ou privée) avant de bénéficier, le cas échéant d’une orientation vers une consultation spécialisée, réduisant ainsi le nomadisme médical, le coût des soins et le désengorgement de nos hôpitaux.
Quel est le rapport avec la Covid-19, me diriez-vous ? Le moment n'est il pas inopportun de parler de parcours de soins ? Non, justement cette situation de pandemie au coronavirus est l'occasion pour mettre en valeur le rôle du médecin généraliste, quel que soit son lieu et son mode d’exercice. Il est le premier à accueillir les malades suspects, il est le premier qui doit prendre une décision et opter pour le confinement total du suspect avec une surveillance des signes cliniques ou l’adresser au service de consultation Covid-19 pour prise en charge. Son rôle est primordial dans la prévention ou la prise en charge de toute pathologie.
Dans ce cas précis, il doit bénéficier de mesures de sécurité sanitaires particulières comme l’indique la législation et les directives du ministère de la santé et de l’OMS.
Si les médecins exerçant dans les structures publiques sont plus ou moins pourvus de ces moyens de protection qui leur sont fournis par leur employeur; ce n’est pas le cas malheureusement, pour ceux qui exercent à titre libéral.
Désemparés, stressés pour la plupart, ils se retrouvent tiraillés entre leur conscience du devoir et leur crainte d’être des vecteurs de contamination de la Covid-19.
Je déplore par conséquence, la non application de l’instruction ministérielle n°31 du 23 Mars 2020, relative à la prise en charge des besoins en moyens de protection individuelle des praticiens libéraux. Je constate avec regret qu’aucune suite n’a été donnée à cette instruction et ceci 25 jours depuis sa parution. Les officines des pharmaciens référents qui ont été désignés dans les wilayas pour l’application de cette dite instruction se plaignent eux aussi de n’avoir reçu aucun matériel de protection destiné aux praticiens libéraux. Tout le monde se rejette la balle et on reste malheureusement les dindons de la farce ! Aucun moyen de trouver de simples masques chirurgicaux à la vente et encore moins de trouver des masques FFP2, sur-blouses, lunettes de protection, charlotte, gants qui constituent la tenue recommandée dans la note ministérielle n° 15 du 08 avril 2020, relative à la protection des personnels de santé face à l’infection au Covid-19.

Plusieurs médecins sur le terrain sont désormais en train de mettre leur vie en danger, ainsi que celle de leur personnel, de leur famille et de leurs patients. Le risque est d'autant plus grand chez les médecins âgés et chez ceux qui présentent une pathologie chronique qui doivent rester confinés chez eux selon les recommandations. Ils doivent être dispensés d'exercer leur fonction.
En exerçant avec les moyens de protection les plus stricts, à savoir le masque chirurgical uniquement, nous vivons dans l’angoisse quotidienne, car nous accueillons chaque jour des malades porteurs de toutes pathologies et parmi eux probablement des personnes contaminées qui feront de nous des vecteurs de transmission du coronavirus à nos familles, nos patients et notre entourage.
Notre ministère de tutelle doit trouver des solutions à cette situation inédite, à savoir la sécurisation des conditions d’exercice. Il y va de notre propre survie. Il est donc désormais urgent que les directions de la Santé de Wilaya (DSP) puissent prendre réellement leurs responsabilités.
Notre serment et notre conscience nous imposent de faire face à ce défit planétaire avec courage et détermination. Mais sans armes, notre frustration sera encore plus grande si on sera amenés, voir obligés, de capituler tout en sachant que la guerre n’est pas encore terminée.

Le ministère de la santé est tenu de protéger cette armée blanche afin d’éviter que la liste des confrères qui ont perdus leur vie depuis le début de cette hécatombe (paix à leur âme), ainsi que celle de nombreux autres contaminés et en isolement complet ne puisse s’allonger d’avantage.
Malgré ce risque évident, nous sommes, en tant que praticiens très conscients de la lourde charge qui pèse sur chacun de nous. Mais nous refusons et nous condamnons catégoriquement toute intimidation ou toute stigmatisation. La tutelle n’a pas le droit de nous faire des injonctions de présence dans nos cabinets sans pour autant nous assurer notre protection.

En cette période délicate, pour vaincre cette épidémie, nous devons être solidaires. Il est nécessaire que le ministère de la santé, les différents syndicats des médecins, le conseil de l'ordre des médecins, des pharmaciens et des dentistes, les associations savantes doivent tous conjuguer leurs efforts,leur énergie et leur compétence dans cette bataille pour s'en sortir avec le moins de victimes possibles.... avant d'entamer un autre chantier, celui de la réorganisation de tout notre système de santé.

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